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Tranche de Vie - Mission LP4Y - Cebu Island

Amis tricolores ou amis du Monde, bien le bonjour. Bienvenue à la maison, pour partager une tranche de vie, un café, un verre de vin, une bonne tarte citron meringuée, comme à notre habitude... En tournant la MapMonde, on est plus proche du Chicken Adobo, des Pancit Canton et de la San Miguel bien fraiche : Bienvenue aux Philippines, dans notre nouveau "chez nous", Gun-Ob Barangay, Lapu-Lapu city, Mactan Island, Cebu. Un Blog où l'on y partage quelques clichés photographiques, des anectodes, du récit des petits et des grands, qui fait de l'éloignement un partage d'expériences. Nos missions respectives et l'inclusion scolaire des enfants en école locale poussent chacun d'entre nous dans ses propres retranchements. C'est une belle leçon de vie, que nous souhaitons illustrer par la phrase suivante :
"Naître dans la pauvreté ne veut pas dire que l'on est pauvre".

Diary Entries

Friday, 03 July 2020

Location: Cebu-Mactan Island, Philippines

Dixième tranche de vie... qui résonne comme un jour sans fin

Après plus de trois mois de confinement, il est intéressant d'aborder le quotidien, et le mental mis parfois à rude épreuve.
Contrairement à bon nombre de pays occidentaux, qui ont fait le choix de sortir du confinement, la situation ici est tout autre.
Le confinement demeure. En effet, Cebu est l'île la plus impactée par le virus aux Philippines, et alors que le confinement fut allégé il y a un mois, le gouvernement a décidé de renforcer les mesures de sécurité. L'île de Cebu est repassée en confinement maximum, et les autorités ont même déployé l'armée et les chars pour contrôler la bonne mise en oeuvre du confinement par la population. Notre île, Mactan, mitoyenne à celle de Cebu, bénéficie encore d'un confinement un peu plus allégé. Les enfants n'ont cependant toujours pas le droit de sortir, et je n'ai que 3 jours par semaine pour faire les courses basiques, et m'approvisionner pour le chantier. L'économie reprend avec les moyens du bord, mais il est vrai que ce rythme qui perdure attaque sévèrement la jovialité qui nous caractérise.

Il faut pourtant aller de l'avant, et ne pas permettre à la morosité de s'installer, ni pour les enfants, ni pour nous. Cette tranche a débuté avec un immense cadeau que l'on attendait plus : nous avons recu un colis de France, qui a voyagé 5 mois avant de frapper à notre porte. La famille d'Halluin l'avait rempli de très jolis cadeaux et produits d'épicerie en tous genres. Tout était magique, sans exception, et Le Must dans ce paquet, c'était la yaourtière! Dans un pays où les produits laitiers sont un luxe, cet ustensile n'a pas de prix!!! A peine 30 minutes après ouverture, la bête était déjà en marche. Un bon bol d'air qui redonne du baume au coeur!!!

Au quotidien, nous nous occupons comme nous le pouvons.
Gwen ne pourra visiblement pas retourner à la prison, puisque les cas de COVID se sont multipliés depuis ces dernières semaines, et les portes demeurent totalement fermées à la population. On se demande même comment le Virus s'est introduit dans les murs puisque les mesures de sécurité avaient été drastiques. Gaston a évoqué le fait que ce sont certainement de nouveaux détenus fraîchement arrivés qui ont peut être introduit le virus. Une hypothèse qui tient vraiment la route!

Au BNB, la reprise du chantier depuis début Mai a donné un nouveau souffle. Les enfants ont été déroutés, plutôt habitués à notre disponibilité quotidienne. Ils ont du s'adapter et trouver des occupations entre eux. Ils nous donnent un coup de main sur le chantier quand l'envie leur en prend, et sont passés champions toutes catégories dans la créativité des travaux manuels. La team est passée pro dans le chantier en tous genres. Il nous reste environ 3 semaines de chantier pour "finir" les travaux que nous nous sommes fixés et rendre le BNB fonctionnel. Les jeunes vont ensuite terminer leur programme et trouver un boulot. Une page va se tourner pour tout le monde, puisque nous rentrerons en France le 11 Août.

Cette notion du jour sans fin évoquée plus haut est essentiellement liée à l'absence totale de vie extérieure. Nous avons cependant réussi à organiser une navette privée clandestine une fois par semaine pour emmener les enfants dans notre resort préféré et profiter de la piscine pour souffler un peu et leur faire voir le jour.
L'art de la "Pensée Positive" est un concept primordial qu'il n'est pas toujours évident à intégrer, surtout lorsque les signes de morosité sont à notre porte. Lorsque le temps devient long, pour les enfants comme pour les parents, il est de notre devoir de plonger dans ses propres ressources et maintenir le cap. Dans le cas contraire, les conséquences pourraient être douloureuses et pénibles à assumer.

Penser positif nous oblige donc à ne pas poser le regard sur les détails quotidiens qui nous froissent, nous agacent, nous fatiguent, mais bien sur les enseignements qui s'offrent à nous en matière de simplicité et de valeurs de vie. Les anciens l'ont vécu avant nous pendant des semaines, voir des années, et dans des conditions bien plus difficiles. Il faut faire preuve d'abnégation, et garder l'espoir d'un lendemain plus ensoleillé. Finalement, avec un peu de recul, je me rend compte que la morosité, c'est mettre en avant ce que l'on souhaite, et s'apercevoir qu'on ne souhaite que des choses innaccessibles dans le cas présent. C'est extrêmement insidieux, et c'est là que le mental peut être vraiment nocif. Conséquence intrinsèque d'un individualisme presque égoïste et capricieux.
Penser positif, en revanche, c'est comprendre que le soleil est présent chaque jour, et c'est poser son regard sur ce qui est disponible autour de nous pour s'en nourrir sans attentes préalables. C'est admirer le buffet pour faire son choix plutôt que de vouloir absolument une côte de boeuf qu'on ne trouvera de toutes facons pas sur la table!!!
La patience est de loin la plus grande vertue que cette mission nous aura enseigné, et même si les enfants ont créé un calendrier de l'Avant (l'Avant le départ), nous devons profiter de cette vertue pour vivre à fond chaque jour qui passe et voir chaque jour le soleil sous son meilleur profil.

Profitons donc de ces 5 semaines de mission qu'il nous reste pour grandir encore un peu... Proftez bien de votre côté et à très bientôt...

Je laisse Anouk partager son mot de la fin :
Bonjour tout le monde c’est Anouk,
Pendant le confinement je joue avec Gaston et Gisèle, mais sinon j’ai fait des travaux avec Papa et les jeunes et je joue au jeux de société avec Maman.
J’ai fait une cabane avec Gaston et Gisèle dans le centre !!!!!!!!
Tout au long de l’année j’ai beaucoup appris sur moi-même et sur les autres autour de moi.
Je me suis fait plein de nouvelles copines dans ma classe mais aussi dans la classe de Gaston.
L’école ne reprendra pas avant Août donc on essaye de s’occuper par exemple je construis une bataille naval et un boggle.
Au début du confinement on faisait le CNED, l’école à la maison mais maintenant on a arrété.
Et vous comment vous vous occupez depuis le début du confinement ????????????
Vous jouez sur les écrans ou vous faites des jeux de société ??????????????????
Avez-vous des rêves ???????????
Moi j’en ai plein par exemple que le confinement soit fini ou aller au Groenland ou au Japon !!!!!!!!!!!!!!!
Profitez tous de pouvoir sortir et je vous dit très bientôt
Bisous à tous et à toutes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Les Moulin

Wednesday, 22 April 2020

Location: Cebu-Mactan Island, Philippines

Neuvième tranche de vie : Le monde est enfermé, le corps se protège mais l'esprit reste libre...

Lorsque je relis la huitième tranche de vie, j'ai presque le sentiment qu'il s'agit d'une histoire vécue il y a bien longtemps, et pourtant!
Ici aux Philippines, la situation est sensiblement identique à celle que tous les citoyens du monde affrontent : Etre confiné chez soi, Vivre au présent et composer entre devoir professionnel et pouvoir personnel, sans réelle projection sur le futur, en tentant tant bien que mal de tirer le meilleur de chaque jour. Le confinement à Cebu a démarré le 28 Mars, deux semaines après la date officielle française. L'école des enfants avait déjà cessée deux semaines auparavant.

Chacun de nous fait face à cette situation comme il le peut. En ce qui nous concerne, l'expérience du volontariat jusqu'à ce jour appuie sur les fondamentaux : Nous avons de la chance. Chance d'être né dans un pays riche, chance de pouvoir financièrement choisir ce que nous souhaitons manger, avec un toit, une condition de vie salubre et confortable qui nous permet de rester chez nous dans un microcosme plus qu'accueillant. Ce n'est pas toujours le cas dehors, pour les jeunes et leurs familles qui, en temps normal, tournent sur un ou deux micro salaires pour faire vivre la famille.
La situation actuelle plonge bon nombre de ces citoyens dans une perte sèche de leur emploi, sans aucun lendemain, et sans économies pour anticiper les dépenses de base.
N'y voyez là aucune tournure larmoyante, mais un simple constat de la situation. L'entraide est mise en place, autant que possible et avec les moyens du bord. LP4Y apporte une aide financière aux familles dans le besoin pour les basiques en nourriture, et des activités sont mises en oeuvre pour maintenir le lien avec les jeunes, leur famille, poursuivre les trainings à distance et maintenir le moral au meilleur de sa forme.
Les collectivités locales et les mairies distribuent du riz aux familles un fois par semaine. Pour le reste, c'est la "démerde" qui se met en place. Pour exemple, une star de mon programme, partie en Décembre, a frappé à notre porte pour nous vendre du poisson, afin de générer un petit bénéfice et acheter à manger. Une très belle initative, et même si les conditions de confinement sont très strictes, ce type d'action permet à chacun de manger à sa faim.

Peu de temps avant le confinement, nous nous rappelons avec sourire d'une escapade en bateau au large d'Olango Island, organisée par David et Lyhn, nos amis locaux. Une magnifique journée à voguer sur cette eau transparente. Pêche aux oursins et à la bonite sur le bateau, Pastis amené pour l'occasion par David, soleil et musique. De magnifiques souvenirs qui nous permettent de garder le moral au meilleur de sa forme!

Lorsque le confinement a débuté, l'aéroport a fermé ses portes, et 1600 touristes français se sont retrouvés bloqués sur les îles avec pour seuls outils le wifi et les messages de l'Ambassade. Deux lieux à rejoindre impérativement : Cebu ou Manille, en restant disponible pour un éventuel rapatriement. C'était le camping dans l'aéroport! Une plateforme solidaire a été mise en place par l'ambassade francaise, sur laquelle nous avons répondu présent.
Au final, 8 francais sont venus à la maison pendant 5 jours, avant de pouvoir être rapatriés par le gouvernement francais.
La Providence faisant toujours bien les choses, cette bande de joyeux lurons se sont très vite mis au rythme du centre. Des personnes au coeur sur la main, prêts à tout pour donner un coup de main, mettant leurs compétences et leur joie de vivre au service du collectif.
Mission provisions pour stocker un peu à manger : deux heures de queue au supermarché pour des oeufs, des pâtes et quelques conserves. La connaissance du marché local nous a aussi permis de trouver des produits frais pour agrémenter nos menus.
Nous avons donc avancé le chantier avec beaucoup d'entrain et chacun y a mis son grain de sel. Cela nous a permis de poursuivre la surélévation du jardin, en refaisant le monde et en cuisinant à la francaise!

L'escorte jusqu'à l'aéroport a ressemblé à un convoi clandestin un peu surnaturel, en serrant les fesses pour espérer ne pas se faire arrêter à chaque check-post.
De retour au centre, voici maintenant presque un mois que l'activité est au ralenti, comme pour tout le monde. Les réseaux se sont mis en place pour fournir tant bien que mal une aide et un soutien aux jeunes et aux familles, et temps pour nous de remonter les manches à 5.
L'école se fait à la maison le matin pour les enfants, et nous alternons chantier du BNB et activités manuelles l'après-midi, pour améliorer le centre dans lequel nous vivons. Chacun y trouve son compte. Par ailleurs, et puisque l'alimentation, c'est la santé mentale et physique, je me suis mis à la boulangerie, fabrication du levain maison, session familiale de yoga au quotidien, et nous projettons le futur en famille à compter du mois de Septembre, sans aucune certitude!
L'évolution de notre aventure tend à se poursuivre vers l'échange de connaissances et la vie communautaire, au travers du Wwoofing : pas de fautes d'orthographe, il s'agit d'un terme désignant le "World Wide Opportunities on Organic Farms". Destination : Le Globe à vrai dire, même si pour le moment, nous visons plutôt l'Australie ou l'Amérique du Sud. Déjà quelques contacts sur l'Australie, pour y apprendre la gestion éco-responsable du bétail, la permaculture, l'aquaponie et la vigne en biodynamie. En ce qui concerne l'Amérique du Sud, il s'agirait plutôt d'une transition, associant l'investissement en association locale et le Wwoofing. Nous sommes en contact avec une association (Cosqo Maki), implantée à Cusco (Pérou) qui aide les jeunes vivant et travaillant dans la rue à s'en sortir par l'Education alternative, et qui propose également une réinsertion par l'apprentissage de la Menuiserie et de la Boulangerie. Il serait peut-être envisageable que nous puissions nous y investir quelques mois, et poursuivre en Wwoofing sur la Cordillère des Andes.
Une chose est certaine en revanche, c'est que nous n'en savons rien, et que les décisions seront prises au moment opportun, lorsque le monde se réveillera de nouveau.

Il est à la fois déroutant mais aussi intéressant de vivre une situation dans laquelle toutes les perspectives sont possibles puisque nul ne maitrise l'évolution du monde de demain. Même si la cause de cet immobilisme n'est pas très joviale, j'en conviens, force est de constater que les hommes et les femmes, qui le peuvent, donnent de leur temps, pour eux-mêmes ou pour les autres, en trouvant des solutions alternatives pour aider leur entourage.
Flashback qui me ramène à notre épisode familial de Dengue en début de mission, qui pointe encore du doigt les fondamentaux et ce qui compte vraiment : la Santé, celle des siens, et composer pour que ceux qui nous entourent aillent bien.
Ce sentiment de confinement nous fait également vivre en partie ce que nos jeunes de la prison vivent au quotidien. Une frustation latente de ne pas être libre de ses propres mouvements, sans limitation dans le temps, que la Raison tente de maîtriser de facon toute relative. On se rattache au passé, on compose avec le présent, et on se projette dans le futur.

Nous avons la chance d'être Libre, aujourd'hui par l'esprit mais demain par les actes. Nous prenons conscience que nous n'avions jusqu'à lors jamais passé autant de temps à pouvoir composer un emploi du temps avec les enfants, vivre une telle proximité, et partager autant d'activités, aussi futiles soient-elles.
Des minutes enrichissantes pour apprendre à se connaitre, à refaire le monde et à dialoguer avec des enfants aujourd'hui, mais des adultes en devenir.

Soudés et Solidaires comme on dit ici, une fraterie reste une fraterie, une famille reste une famille, avec ses joies et ses coups de gueule, mais tant que la santé demeure, profitons de ce temps de pause aujourd'hui pour construire ensemble les outils qui nous serviront à rester soudés et solidaires demain.

Prenez soin de vous et des vôtres!
Bien à vous...


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