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Fran’s Travel Diary

Thursday, 13 Feb 2003

Location: Pokhara, Nepal

MapNamaste a toute ma famille francaise

Je crois que cet e mail va etre le plus long de tous ceux que j’ai redige auparavant. Dorenavant desole pour les accents et autres marques de ponctuation mais je type sur un clavier anglais, et desole pour les mots anglais qui viendront ce glisser dans la redaction mais c comme cela qu’ils me viennent a l’esprit, j’ai un peu de mal a me souvenir de la version francaise des fois …

Me voici donc connecte sur le web, un outil technique de la civilisation, environnement que j’ai quitte il n’y a que 23 jours et qui m’en parraissent des annees.
Tellement de choses a dire que je ne sais pas reelement par ou commencer.

La chronologie sera je pense le meilleur moyen de ne pas en oublier.

J’ai souvenir des dernieres news envoyees, c’etait a kathmandu la veille du depart.

Jour J, 6 am : mon guide, Bir Bahadur, petit lutin de 39 ans, qui m’arrive au torse, vient me chercher a l’hotel, mon sac est pret et je dois dire qu’il pese un peu (18 Kg) puisque j’ai du rajouter du materiel a la liste, que j’ai achete sur place, notamment des machoires metalliques pour la glace et des batons de marche, qui m’ont ete de grand secours, vous verez pourquoi plus tard (t’inquiete pas la moune, j’ai toujours mes 2 bras et 2 jambes, et je suis toujours en vie bien portant).
On catch un taxi nepalais, c’est a dire un caddie a 4 roues, pas plus gros qu’une micro machine, sinon tu ne circules pas en ville de toute facon, et nous voila parti en direction de la gare routiere de kathmandu. Parlons en de la gare routiere, c’est ni plus ni moins qu’un terrain vague ou environ 200 bus nepalais se regroupent tous les matins, creant un nuage de poussiere monumental qui se melange au super avec plombm, ou peut etre est ce du mazout a en voir ce qui sort des echappements…

Il se charge d’acheter les billets pendant que je charge nos sacs sur le toit avec le driver du bus, grand moment ca aussi. Si tu l’arnaches pas correctement, t’as une chance sur 10 de le retrouver la haut a l’arrivee.
Nous voila partis pour 7 h de bus, au pays ou les routes ne sont qu’a demi bitumee, pas dans le sens de la largeur, mais sur des troncons de route, tu ne sais pas pourquoi mais il manque du bitume, donc tu passes dans des crevasses qui m’en ont fait saute de mon siege et mon crane est venu embrasser le plafond. La blague. Bir s’est d’ailleurs taper des barres de rire a cause de ca.

Arret dejeuner pour un premier test du plat national : Dal Bhat, Dal qui veut dire lentilles et qui est un genre de soupe de lentilles assez epaisse, et Bhat qui veut dire riz, accompagne de deux garnitures bien souvent, choux vert saute avec chili et pommes de terre prepare au curry. Plutot bon, mais toujours vegetarien, parce que la viande ca coute trop cher et question epices, ca envoie les flammes du dragon dans ta bouche, j’ai voulu teste une fois, j’ai compris…
C’est repartis pour un tour puisque nous ne sommes qu’au 2/3 du chemin. Le site des Annapurnas est situe a l’ouest de Kathmandu, et plusieurs points de depart sont possibles, en fonction du temps de trek.
Nous rejoignons Besi Sahar, ville terminus du bus, et point de depart de notre trek.
Les 7 h de trajet m’en ont paru 2, tellement j’avais le nez colle a la vitre, emerveille par ce paysage qui s’offre a moi, et qui change au fur et a mesure que l’on s’approche du spot de depart.
J’appercois au loin la chaine des himalayas, que j’ai vu en totalite de l’avion en arrivant sur kathmandu. C’est stupefiant de voir une telle beaute en realite quand tu n’as vu ce genre de chose que dans des bouquins ou a la tele!

Bref, nous arrivons enfin au spot de depart du trek et pas mecontent de se degourdir les jambes, d’autant que la version double metre n’est pas convertible en nepali size!
Il est encore tot, donc nous decidons d’avancer sur le trail, pour un echauffement de 2h de marche, up and down, mais assez facile, et ca permet de se familiariser avec les reglages du backpack.
Nous arrivons a Khudi, petit village situe a l’est des Annapurnas, au bord de la Marsyangdi river. Premiere nuit dans la lodge, une lodge etant ni plus ni moins que 4 murs, en terre, en pierre ou en bois pour la plupart, avec des lits et couvertures en laine de yak, ou en laine de mouton, parce que les nuits sont froides.
Un paysage magnifique, et une vegetation verdoyante. J’appercois une cime glacee, parmi les forets de sapin qui nous entourent. Un avant gout de calme et de silence au bord de la riviere. Du bonheur…
Je commence tout juste a realiser ou je suis et dans quelle situation. Petit regard sur la topographie : nous sommes a 781m d’altitude, ca promet.

Les jours suivants se corsent un peu, normal, si c’etait une excursion du dimanche apres midi, ca se saurait.
9h, 8h et 8h de marche sur les 3 jours suivants, une bonne moyenne qui met au parfum d’entrée. Des cotes comme j’avais encore jamais grimpe, et tu vois les momes nepalais qui courent la dedans, tu es vert, d’autant que Bir avait la facheuse tendance a chantonner dans les montees. Vu ma rapidite, pour lui c’etait un peu un jeu d’enfant. Nous croisons bon nombre de water falls, traduisez pas chutes d’eau qui sont vraiment impressionnantes , ainsi que des ponts suspendus a n’en plus finir, tous aussi assourdissants les uns que les autres, d’ailleurs les premiers passes, je n’ai pas fait le mariole parce que Bir courrait la dessus pour le faire bouger, ca me donnait des sensations de trampoling a 100m au dessus de la riviere, j’ai vraiment chier dans mon froc. Nous remontons la Marsyangdi river jusqu’a sa source, et ca grimpe putain, mais mon genoux gauche commence a faire des siennes, surtout dans les descentes, et dans les devers qui sont bien muscles, d’autant que les 18 Kg que j’ai sur le dos te poussent dans les descentes.

Je reussi a trouver une paire de genouillere nepalaise, pour 200 roupies, ce qui fait a peu pres 20 frs. Plutot cool, d’autant que mon genoux commencait vraiment a faire chier, et comme dirait la moune (ma mere) “faut pas jouer avec ca, hein, parce qu’apres, bernique…, ah non, fait queqchose…”.
T'inquete la moune, j’ai fait attention, et les batons m’ont bien aide a pas porter tout le poids sur les rotules!

Le trail est different sur ces tois jours, puisqu’on passe de la verdure a des forets de sapins, puis a une vegetation plus aride avec des glissements de terrains tres impressionants dus a la mousson et qu’il faut pourtant traverser. Quand tu sais que tu n’as que la largeur d’un pied pour passer, et ce sur 50m, avec la riviere a 2 degres a 150 m plus bas, tu fais pas le malin et tu ecoutes ton guide. Merci les batons encore une fois.
Les premieres traces de neige apparaissent sur le trail, nous sommes a 2500 m d’altitude et la region est tres pauvre.
Des lodges dans tous les villages mais toutes vides etant donne que ce n’est pas la saison des treks. A chaque arret, j’ai la sensation de loger chez l’habitant, et c’est ce que je cherchais en venant a cette saison. Des moments riches en simplicite et du temps pour appendre a les connaitre. Des echanges avec eux a manger dans la cuisine autour de l’atre, et a apprendre la cuisine nepalaise avec les ustensils de cuisine locaux, je dois dire que je suis stupefait de la qualite produite pour l’equipement d’une maniere generale, d’autant que tout ce qui est la a ete amene a dos d’homme par des porteurs ou a dos de mulets pour les plus riches d’entre eux.
Leur richesses, et croyez moi, c’est a l’interieur qu’elle se trouve, mais tu ne peux la ressentir que si tu prends le temps de communiquer avec eux. Difficile qd tu ne parles pas nepalais et que leur anglais est plutot rudimentaire, mais on y arrive en se donnant du mal.

Apres ces 3 jours, 2 jours de marche, et arret a Pisang et Manang, paysage totalement desertique et aride. Ces 2 villages sont situes dans une vallee exposee au vent comme jamais. Nous marchons donc le matin, puisque le vent ne se leve que vers 1pm. Des journees a 5 heures de marche, on passe de 2500m a 3500m, et nous nous arretons un jour de plus a Manang pour l’acclimatation du corps a l’altitude.
Etape importante dans ce pelerinage: Le jour ou nous marchons en direction de Manang, c'est un panorama qui me coupe le souffle que nous decouvrons au fur et a mesure que nous avancons. Nous arrivons au pied de la chaine des Annapurnas, East side, je ne vais pas vous citer tous les monts mais pour les plus importants, au pied de Annapurna South, Ganga purna et Tukuche, Annapurna One etant cache de l’autre cote. Quand je dis au pied c’est vraiment au pied. Imagine toi au pied du mur de ta maison et regarde le toit, c’est la meme mais le toit le plus haut de tous est perche a 8091m, ca me coupe le souffle. Montagne aride d’un cote et Glaciers tous blancs de l’autre. Je n’ai pas de reels adjectifs pour exprimer ce que j’ai ressenti a ce moment la mais le feeling, pour le decrire, ce serait plutot comme un genre de “tu ne reves pas, non, les voila, les vrais, tu t’en rapproches. Le plus dur reste a faire mais c’est vraiment dingue ce qui t’arrives, c’est vraiment de la bombe”. J’etais comme un mome de 5 ans au pied du sapin de noel, meme sentiments d’emerveillement et d’impatience.

La journee suivante, nous sommes donc reste la. La nuit a ete une des plus froides puisque autant il fait 25 a 30 degres tous les jours, autant les nuits sont particulierement froides et celle ci au top. –10C, les blankets en laine de yak, tu les benis, crois moi parce que tu te peles les couilles. Le froid, ca irait si yavait pas l’humidite. Cette sensation qd tu te leves, ou ton sleeping bag est tout humide.
Des le premiers rayons du soleil, je suis donc leve, c’est a dire 6h30, comme a peu pres tous les matins.
Petit dej habituel, the au lait, muesli nepalais qui est vraiment trop bon d’ailleurs et pain tibetain, trop bon aussi avec du miel local, et je descends au lac (il est gele a cette periode de l’annee mais c’est le meme que celui qui est sur la carte postale que je vous ai envoye a tous).
Fanfan l’intrepide, comme s'il en avait pas assez marre de marcher tous les jours, monte sur la crete d’une montagne a demi glacee, avec les machoires metalliques calees sous les pompes pour arriver apres
3 h de lutte au pied de la mer de glace. Ohhhhhhhhhhhhhhhhhh. Le soleil se leve sur ce flanc et je reste scotche la pendant 4h durant a contempler l’immensite et a ecouter ce profond silence qui m’entoure et qui m’envahit, ne rien gacher de se moment riche en solitude comme je n’en avait jamais connu de tels, et qui font un bien fou. Se retrouver avec soi meme, dans un tel univers est reserve aux chanceux et privilegies dont je fais partis a ce moment meme! J’hallucine et vis dans un reve les yeux ouverts, 24h/24.

Je redescends, parce Bir va finir par s’inquieter, je suis alle la haut tout seul et j’etais parti pour 2h initialement. La fin de journee se passe en compagnie de 3 aigles, m’offrant un balai somptueux dans ce profond bleu nepalais, caressant les cimes glacees…


Nous repartons le lendemain matin direction Yak karka, petit village perche au milieu de nulle part, ca monte encore violent, et poutant que 400m de denivele, mais en un mur, les jours off, c’est bien, mais la reprise est plutot difficile, les jambes sont froides, ca calme. En plus, plus on montait et moins je me sentais bien, dans ma tete je me suis dit, ca y est coco, il va falloir redescendre, c’est l’AMS (Acute Mountain Sickness, traduisez par maladie des montagnes et faut pas plaisanter avec parce que tu peux en mourir si tu ne descends pas des que tu as les premiers symptomes) qui te tombe dessus, tu es bon pour retourner a Manang.
En fait, c’est un debut d’insolation que j’ai taper, mais je me suis proteger juste a temps, et une bonne nuit de sommeil a fait la difference, tout allait mieux des le lendemain matin.

Nous sommes a 3900m. Ajourd’hui, 3 h de marche. Plus tu montes en altitude et moins tu marches, car ton corps ne s’adapte pas aussi facilement, du a la pression atmospherique, qui concentre ton sang dans les veines, une deshydratation plus importante, et une recuperation difficile due au manque d’oxygene, c’est ce qui provoque l’AMS si tu ne montes pas a ton rythme, et si tu ne bois pas en grande quantite.
Je me dis 3 h, ca le fait, ca change pour une fois. LA BLAGUE! J’en ai chie comme jamais, ca m’a pris d’ailleurs 4 h a monter. Nous sommes a la veille de passer le col de Thorung La, et c’est une partie du trail ou tu testes ta resistance a l’altitude, puisque l’on passe de 3900 a 4591m pour rejoindre Thorung Phedi Base Camp.
Je me suis fait aggresser par un Yak qui devait pas aimer ma gueule parce qu’il m’a course sur 20 m, et puis je n’en voyais pas la fin de cette ascension, je me souviens gueuler de toutes mes forces :”Putain mais quand est ce que ca s’arrete c’te merde, fait chier serieux” Meme en s’arretant, tu ne recuperes pas a cause du manque d’oxygene. J’ai failli jeter mes batons dans le devers tellement j’etais enerve, et Bir qui se retourne sans comprendre ce qui se passe. Je lui dit vas y on se retrouve la haut. De la on passe sur un versant vraiment abrupt, avec un glissement de terrain qui ressemble a ceux qu’on a croise auparavant, mais la c’est uniquement de la pierre et c’est un terrain instable au possible. Des que tu poses le pied, tu manques de te casser la gueule. Ca a pas louper, j’ai vraiment fais dans mon froc : mon pied derape et je tombe sur le dos. Mon backpack amortit donc pas de blessures au dos mais ca fait plutot office de luge, et je glisse sur le versant dans les pierres. Mes batons me sauvent la mise puisque je m’en sers de freins en les plantant entre les pierres.
Je n’ai rien mais en me relevant je m’appercois de ce que j’ai devale et je dois tout remonter. Ca me prends une heure et demie de plus.
J’ai vraiment flippe mais j’arrive sain et sauf au Base Camp. Dejeuner et repos bien merite. Rencontre des 2 italiens croises 3 jours avant sur le trail, et qui eux vont plus vite que moi, un italien avec son guide et un autrichien qui voyage seul.

Au lit vers 6.30pm, je sais c l’heure des poules mais le reveil sonne le lendemain matin a 4h30, c’est le jour J, passage du col.
Depart de la lodge a 5h30,et premiere partie du trail de nuit a la lampe torche, nous sommes equipes comme des mulets puisqu’il fait
–11C. Le ciel est blinde de nuages, ca sent le mauvais temps, pas bon…
Au programme 1000m d’ascension d’une traite et descente de 1600m apres le col, pour un total de 11h de marche, et pas des plus douces. A peine le jour se leve et c’est les premiers flocons qui tombent.
C’est la misere. Il est 7h30, le vent se leve, et le temps se transforme en veritable tempete de neige. Plus on monte et plus la temperature descend.
Apres 6h30 d’ascension de titan, CA Y EST, on y est au col, Nous sommes a 5416m d’altitude, en pleine tempete de neige, il fait –21C, mais c’est de la bombe. Merci le ciel d’avoir arreter la clope, je ne m’en serait jamais sorti si je n’avais pas arreter de fumer. J’ai pense a vous tous, et sans le savoir, vous m’avez tous donne du courage.
Arret de 30mn pour manger qqch et pour immortaliser ca, et deja on se refroidit, c’est parti pour la descente.
Je suis deja mort, ca promet!
Mes genoux recommencent a faire chier, donc je fais gaffe, parce que y en a pour 5h. Ca se fait tranquilllement et je dois dire que mon esprit ne cesse de focaliser sur l’ascension et je retrace tout en image pendant la descente. Ca fait passer le temps plus vite et tu ne sens pas tes muscles. La neige cesse de tomber progressivement, et mon estomac n’est pas des plus clean, a cause de l’altitude et des efforts fournis dans l’ascension, plus le froid qui n’arrange rien.

Finalement a 5 pm, nous arrivons a la lodge a Mukhtinath ou je vais me coucher direct. C’est Bir qui vient me reveiller a 7 pm en tapant a la porte comme un acharne.
Je mange une noodle soup et retourne me coucher, avec un mal de crane de malade.
Sans nul doute, physiquement et psychologiquement la journee la plus eprouvante de ma vie. Je ne cache pas que j’ai beaucoup souffert du au froid et au manque d’oxygene, mais je jubile des que j’y pense. Vraiment heureux d’etre alle au bout.

Le lendemain, petite marche de 5h, mais du plat sur une bonne partie du trail. J’ai vraiment bien recupere la nuit passe, j’ai une patate de malade. Nous quittons progressivement la neige pour retrouver un climat desertique, jusqu'a Kagbeni, ou nous stoppons dans une lodge de luxe. Il y a de l’electricite, de la moquette au sol et une douche CHAUDE!, ma premiere depuis le debut du trek. J’en ai presque des frissons qd j’y repense. Apres les evenements de la veille, j’etais sur la lune sous l’eau chaude.
Rencontre d’un couple d’americains d’une 40aine d’annees avec qui j’ai passe la soiree a discute, des gens vraiment trop fort qui t'en demonte la caricature USA que tout le monde a dans la tete. Eux ca fait 14 mois qu’ils sont partis, mais ils couvrent le globe. Je devrais passer les voir sur le chemin du retour puisqu’ils ne vivent pas loin de LA, etape sur notre retour de Tokyo.

Les 2 jours qui ont suivis ont ete des plus galere, puisque nous changeons de terrain, il s’agit de suivre le lit de la Kali Gandaki river, qui est au plus bas puisque c’est la saison seche. Pour gagner du temps, nous coupons direct par le lit, et c’est du sable et des galets pendant 14h de marche repartis sur 2 jours, avec un vent continuel qui souffle a 60 Km/h de moyenne, mais a part ca, les paysages sont plutot jolis, meme s’ils sont assez aride, et il fait un soleil de plomb. Le vent n’a d’ailleurs pas cesse pendant les 2 nuits, et ca nous a ramener des nuages de pluie que l’on se traine sur les 2 jours qui suivent.
Depuis que nous avons passe le col, cette nouvelle region est beaucoup plus riche que celle que l’on a quitte. Tele dans le dining hall des lodges, des menus plus developpes et des prix sensiblement plus chers, a l’echelle nepalaise bien sur !

Apres 2 jours de pluie, de boue, de gamelles parce que t’es desequilibre par le sac, mais ca te vaut des bonnes crises de rire, et de nez qui coulent, nous arrivons a Tatopani, situe a 1181m, petit village repute dans la region pour ces HOT SPRINGS, traduisez par bains de source chaude, bassins ou l’eau arrive a +75C, et ils y injectent de l’eau de la riviere qui coule juste a cote.
Ce petit paradis nous detends les muscles puisque l’on s’arrete 24h de plus.
Je mange d’ailleurs du Poulet, produit que je n’avais mange jusqu’a lors, puisque ca coute cher et les gens n’ont generalement pas les moyens de s’en payer, surtout qd ce n’est pas la saison de treks.

Ensuite, direction Poon Hill, un des points phare du trek, puisqu’on retrouve la neige. Poon Hill est un mont, a l’ouest des Annapurnas. Nous arrivons donc a la lodge vers 5pm et bonne nuit de sommeil pour un reveil a 5am, on se reequipe comme au pole nord puisqu’on monte au sommet de Poon Hill pour un sunrise sur les Annapurnas. Une ascension a la torche dans la neige, un arriere gout de Thorung La mais version promenade de sante sur la grimpette.
Pas un nuage a l’horizon, c’est somptueux, le soleil se leve, et vient caresser les cimes d’une couleur ocre qui tourne a l’orangee, plutot appreciable comme reveil, c’est pas tous les jours, …
Des images de grandes valeurs qui restent en memoire…

Nous quittons Poon Hill en direction de Chomrong, ce qui nous prend 3 jours, dans la neige et la Glace. C’est plutot glissant mais avec les machoires metalliques, on prends 3 h d’avance sur l’italien avec qui on voyage depuis Poon Hill puisqu’on l’a retrouve la bas.
Un temps magnifique et des temperatures a +25C, trop bonnes conditions, c’est le reve qui continue. Arrive a Chomrong (je racourci l’histoire parce que j’aurais pas le temps de tout raconter, et je fais deja au plus court) , mon genoux redeconne, et c’est un village etendu sur un flanc de montagne de haut en bas, avec uniquement des marches de pierres : 2269 putains de marches a descendre, je le sais je les ai compte, et ca c’est le pire parce que ca te detruit les jambes, les genoux et les epaules parce que ton sac vient jumper sur tes cervicales a chaque pas que tu fais.
Bien motivant d’autant que tu remontes la meme distance sur le flanc oppose, une bonne journee.

Destination Annapurna Base Camp, situe a 4200m, qui est au pied des Annapurnas mais de l’autre cote par rapport a Manang, ou la on a vu sur Annapurna One en direct.
Une ascension continuelle pendant 4 jours, bien musclee, surtout que le 3eme jour c’est retempete de neige, et il y a du brouillard a ne rien voir a 3 m. Il faut traverser 3 couloirs d’avalanches, tellement dangereux et enormes a t’en filler la chair de poule, et nous arrivons enfin a Deorali, a 3250m d’altitude. Annapurna Base Camp est ferme, donc nous quittons Deorali en laissant nos sacs dans la lodge pour monter a Base camp et redecendre dans la meme matinee. Depart 6am et rebelotte la lampe torche, mais la on a de la neige jusqu’a la taille, de la poudreuse, sans trace, celle que tous skieurs ou surfeurs reveraient de glisser, je suis vert de pas avoir de skis tout de suite maintennant.
Ca nous prend 4h pour monter juqu’au base camp, a 4200m, et pas de reel manque d’oxygene finalement.
Il a fallu faire vite parce que les nuages se forment vers 11am, et neige et brouillard a partir de 1pm, mais c’est un theatre de glace et de roc qui s’offre a nous.
Rien de tel n’est imaginable. Imagines toi au coeur des cimes, avec un soleil genereux qui vient se refleter sur la neige vierge, je te fais pas de dessin,….,j’en reve toutes nuits, sans mentir.
Je n’ai encore pas d’adjectifs correspondants pour decrire ce que je ressens mais ca bouillonne la dedans des que j’y repense!

Il est temps de redescendre, et on rencontre pas mal d’etrangers a la lodge, pour une soiree des plus enrichissantes, comme bon nombre d’ailleurs.
Nuit humide, une de plus et descente de 9h jusqu’a Jhinu. Sur le chemin, il a qd meme fallu les remonter ces 2269 marches, et ca a pas ete facile croyez moi!
Mais c'est un autre point de sources chaudes qui nous attendent. On va d’ailleurs bon train puisque l’orage se fait sentir et a peine arrive a la lodge, c’est des grelons gros comme le petit doigt qui tombent puis la neige puis la puie et puis le soleil.
On reste donc une jounee de plus pour profiter des sources chaudes, ou nous sommes tout seuls toute la matinee, au milieu des singes gris a tete blanche, des oiseaux tropicaux et d’une vegetation abondante et chatoyante, le reve ne fait que tourner les pages du livre…

Apres cette bonne journee de repos, nous repartons en direction de Pokhara, ou va s’achever notre trek.
C’est 2 ½ jours de marche avec 800 m d’ascension qui nous attendent d’une traite en une aprem, tout le reste, c’est de la descente. Il est beau ce pays mais faut aimer la marche!
Cette ascension a ete dans le top 3 des moments les plus difficiles physiquement.
Dernier lever du soleil vu de la haut le dernier jour et let’s go for it.

Me voici a Pokhara depuis hier midi il est 2.30pm maintenant. Un total de 150h de marche pour 400km parcourus en 24 jours, voila ce que j’ai fait de mes 24 derniers jours.
Des moments inoubliables et inoublies, je suis fatigue certes mais c’etait plus qu’incroyable.c’est une part de reve qui se realise, et c’est vraiment boulversant.
Ce discours peut avoir des airs de je suis perche sur une autre planete, d’une certaine facon oui, parce qu’ici je vous jure que c’est une autre planete.

Je me repose quelques jours ici, donc je suis joignable sur le net tous les jours vers 12h, heure francaise, j’essaierai de me connecter, si vous voulez chater, pas de pb, et ce jusqu’au debut de la semaine prochaine.
Je concluerai cette email conscis compte tenu de ce qui c’est passe par vous dire que j’ai et je pense tres fort a vous tous, vous me manquez beaucoup mais j’en prends pleins les yeux pour vous et l’invitation a me rejoindre qq part reste toujours des plus repetees. Sophie me rejoint le 13/03 a katmandu, que demander de mieux.
D’ici la, je pense repartir sur un autre trek en fin de semaine prochaine avec un autre guide, ce qui me coutera moins cher, sur Langtang region, situe entre Annapurna et Everest, pour monter au Gosai Kunda Lake , lac turquoise situe a 4600m, et ce pendant 2 semaines. Je ne peux faire l’Everest cette fois ci parce que ca cramerai completement mon budget, deja que le trek ca coute plus cher que prevu, et que je devrais bosser certainement quelque part pendant peut etre 2 semaines, pendant que ma chere et tendre se fera dorer au soleil, sinon je serai trop short niveau monnaie. C pas grave, j’ai de l’avance sur le bronzage, le tein nepalais , les cheveux dans les yeux, tous blonds avec le soleil et et et et le bouc, oui oui, le vrai, celui ou tu ne vois plus la peau en dessous, avec des vrais poils, pas des implants…
Ca m’arrive je vous jure, mais Sophie veut pas me croire et je sais qu’a leur ou vous lisez cet emails, vous ne le croyez pas non plus, et pourtant, c’est vrai.

Je vais devoir vous laisser. J’espere de tout coeur avoir de vos nouvelles sur l’une ou l’autre de mes 2 adresses email, et ce d’ici les prochains jours.Encore tant de choses a dire mais je garde le reste pour le retour, et ce sera illustre en plus.
Je pense tres fort a vous tous. Bon courage a tous les bosseurs, cet email est gave de soleil Himalayen
Je vous aime fort, amis et famille et vous embrasse
Bisous par milliers
Fanfan

Ps J’espere RDV sur le net a 12h heure francaise par MNS, connectez vous on pourra chater en direct…