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Fran’s Travel Diary

Wednesday, 23 Apr 2003

Location: Arambol - Goa, India

MapSalut a toute les fourmis terrestres

Voici bien longtemps que je n'ai pris la plume pour vous donnez quelques nouvelles. Les journees ne durent que 24 heures, peu de temps pour tout faire a vrai dire!

Presque 4 semaines je crois que je me suis penche sur ce road book, et il s'en est passe des choses, croyez moi! Bien trop d'ailleurs pour que je puisse toutes les raconter. J'ai donc decide de faire l'impasse sur le deuxieme trek, pourtant tres charge en emotions et en paysages. Un autre trek sur Annapurna qui n'a ressemble en rien au premier. D'une part parce que papa meteo a ete bien plus clement, qu'il y avait bien plus de touristes sur le trail, et je ne vous apprendrai rien en disant qu'un paysage montagnard sous la neige et couvert de verdure est completement different.
Ce qui a change mon etat d'esprit sur ce deuxieme trek, c'est le fait d'etre "guide", c'est vite dit quand meme, mais bien utile quand rien n'est indique.

Du nouveau dans le parcours, puisque nous sommes passe par Tilicho Lake, un lac perche a 5000m, avec pour y acceder le passage d'un col a 5200m. Nous avions idee de franchir le Mesokanto Pass par la suite, qui est situe au fond de la carte postale, a 5315m, mais les 2m de poudreuse vierge apres le lac nous en a empeche l'acces. De plus, le sherpa que nous avions embauche pour guider sur le passage du col avait gentillement omis de checker la tente avant de partir, conclusion pas de piquets! La belle affaire, qui nous a valu un retour a la case depart dans la meme journee. Au bilan, vraiment heureux d'etre monte la haut, et pas decu, ce n'est que partie remise...
Nous rattrapons le trail initial le jour suivant, en passant par un shortcut que seuls les nepalais connaissent, au milieu des yaks, dont je me mefie toujours depuis ma premiere mesaventure, et la journee se termine dans le brouillard, la neige qui tombe a gros flocons et le froid, eh oui, l'altitude, ca rend la meteo capricieuse!

Le passage du col de Thorung La etait une veritable merveille. Nous n'avons vu aucun nuage dans ce ciel bleu azur, de la neige vierge sur la totalite du parcours, et une ascension vraiment pas difficile. Croyez pas que je fais le mariole en disant cela, mais ca fait le troisieme, et mes petites gambettes sont maintenant bien entrainees!
La descente du col a ete tres perilleuse, car je me suis trompe de chemin, et nous sommes donc descendu dans un pierrier gigantesque et franchement casse gueule. De la grosse pierre et de la neige semi fondue au programme, qui nous a valu quelques glissades et petits bobo, mais rien de tres grave (le coxcis de Sophie s'en souvient encore!)
L'arrivee a Muktinath, premiere ville apres le col a ete haute en couleurs et tres riche culturellement parlant.
Hindus et Bouddhistes s'en viennent au temple pour les dons d'offrandes et prieres, en pelerinage depuis 5 ou 6 jours pour certains!

La redescente sur Pokhara nous a pris quelques jours, d'autant que nous sommes remontes sur Poon Hill.
L'arrivee a Pokhara nous a fait du bien. Un retour a la civilisation un peu brutal, mais quand on pense a la douche, ca rejouit...
Pas moyen de quitter les montagnes sans un dernier au revoir, et au petit matin, nous voila parti en ULM, avec nos pilotes russes, pour une heure de survol sur la Pokhara Valley et a proximite des Annapurnas. Le ciel fut quelque peu voile mais la vue fut reelement splendide.

Depart ensuite pour Kathmandu ou nous retrouvons notre charmant quartier de Thamel. Le nombre de touristes y a sensiblement augmente, et c'est pas un mal parce qu'on se fait moins harceler. On boucle les derniers preparatifs et c'est la que les hostilites commencent. Depart Samedi soir, le 12, en trombe. Une demie heure pour boucler le backpack et en avant, direction la bus station, ou le dernier bus pour la frontiere (Sunauli) nous attends. Arrive sur place, on nous informe qu'il y a des greves la bas et que le poste frontiere est ferme, ca commence bien. Chacun y met son grain de sel, et finalement, on decide de passer par Birganj, un autre poste frontiere un peu plus a l'Est du pays. Le taxi nous emmene ailleurs avec un pote pour nous trouver un bus, et mission accomplie! On tombe dan un bus local equipe d'une video indienne, qui est soit dit en passant a mourir de rire. Une version niaise de film violent, melange a des comedies musicales, le tout en langue indienne, ca vaut le detour!
8h plus tard, nous arrivons a Birganj, il est 4AM, la tete dans le ..., tellement bien que j'ai failli en oublier un sac dans la soute. Bien entendu, le peu de place pour les jambes m'a empeche de dormir, mais j'y suis desormais habitue!
On partage un chai (the au lait et aux epices local) avec le conducteur de caleche qui nous conduit jusqu'a l'immigration nepalaise puis indienne. Pas besoin de preciser qu'a cette heure, l'attente a ete longue pour que messieurs les douaniers ouvrent leurs cahuttes.
Des notre arrivee sur le sol indien, changement de registre. On demande un bureau de change a notre driver, qui nous emmene dans une pseudo agence de voyage a l 'indienne, ou le gars, qui doit etre son pote, son cousin ou son frere tente de nous faire acheter ses billets de bus pour se rendre a Gorakpur, ville ou nous voulons nous rendre.Il nous change de l'argent, sur lequel il nous annarque de 200 Frs, en prenant 2 fois sa commission. On percute pas tout de suite, mais de toute facon c'est trop tard, et a 6AM, on etait pas tres frais. Bref, on se dirige vers la gare ferroviaire. Le train en partance pour Gorakpur existe bien, contrairement a ce que notre arnaqueur nous avait dit, et deux heures d'attente plus tard, on embarque la dedans, en premiere classe AC, histoire de faire un petit somme.
Le train, ici, comment ca marche? Tu achetes le billet le moins cher possible, tu montes ensuite dans la classe de ton choix et tu payes la difference au controleur. Pas bien complique, enfin, en theorie. Le voyage jusqu'a Gorakpur se passe sans encombres, et nous permet de decouvrir des paysages tres plats, grand changement avec le Nepal, sous une chaleur etouffante a l'exterieur. La clim, croyez moi, ca a du bon !
Sept heures de trajet, et nous voila a Gorakpur station, accueilli a la descente du train par un buffle, qui lui aussi doit attendre la train! Gare massive qui grouille de monde, de vaches, de buffles, de cochons sauvages, et j'en passe. Mission premiere, trouver de l'eau. Il fait tellement chaud que tu ne cesses de transpirer, c'est pas super agreable, surtout quand tu sens la jungle! Direction les guichets ou nous devons trouver 2 billets pour Mumbai (Bombay). On sent une nette difference avec la Nepal. L'inde est bien plus riche qu'il n'en parait, cote architecture et organisations administratives, c'est quand meme bien plus structure (a l'indienne bien sur, restons relatifs), mais les classes sociales sont tres distinctes. Les riches sont tres riches et les pauvres, tres pauvres. Les deux classes se meprisesnt l'une l'autre, et c'est flagrant sur les visages et dans les comportements. Nous au milieu, on passe pour des tourichs!

Je reprends donc, pendant que nous faisons la queue pour les billets (queue c'est un bien grand mot parce que si tu ne pousses pas, t'y arriveras jamais), et un gars nous choppe en nous proposant des billets. Allons voir ce qu'il propose. Il n'est en fait qu'un rabatteur pour son pote qui a aussi une pseudo agence de voyage, qui ressemble de pres a un local poubelle nettoye une fois par mois. On rentre la dedans, et voila qu'un gringallet d'1m10 les bras leves, vetu d'un marcel blanc couleur tshirt et noir couleur crasse degueulasse se pointe et nous agresse d'entree de jeu, en nous aboyant dessus comme a des chiens. Pas vraiment prepares a ca quand tu viens du Nepal, on se braque bien vite, en lui repondant sur le meme ton. Il nous demande donc 2800 roupies indiens par ticket, mais on a pas assez de cash. Mr veut garder une avance, le temps d'aller a la banque.
No way, coco, tu peux te les mettre ou je pense!
On deguerpis vite fait de cet endroit miteux, bien chaud sous tous les sens du terme, direction la banque en Tuk Tuk, velo moteur a trois roues, equipe d'une banquette et d'un mini coffre. On rentre a peine la dedans avec nos sacs, mais si tu les ecoutais, ils y ferait rentre un buffle sans probleme! Le driver nous emmene a la banque, fermee bien sur puisque nous sommes dimanche. La blague, c'est qu'ils ferment aussi les guichets automatiques!
Pas moyen de retirer du cash, mais Sophie a encore quelques roupies indiens et des dollards en cash. Retour a la gare, et s'apercevant qu'il nous reste uniquement 45mn avant le depart du train pour Mumbai, on decide de rehiterer la tentavive du matin, a savoir monter dans le train et acheter deux billets en direct.

On s'intalle en premiere classe AC, et le train demarre. Personne dans le wagon, s'est plutot bon signe. Ce qui me chagrinne, c'est que tous les noms des voyageurs sont edites sur une liste scotchee a la porte des wagons, donc ils existent bien, mais on devrait bien reussir a trouver un siege ou une banquette quelque part! Deux heures se passent et le controleur arrive enfin. On lui explique notre situation et lui demande deux billets pour Mumbai. Mais Mr est un grincheux et nous engueule presque autant que son compatriotte de l'agence de voyage, en nous ordonnant de changer de wagon au prochain arret. Tete de mule pour tete de mule, on fait la sourde oreille, et on s'endort sur les banquettes.
Deux heures plus tard, c'est avec un pote que notre ami revient et nous reveille sans douceur pour nous repasser un savon et nous conduire dans le wagon d'a cote.

La belle surprise, on est completement dans le cirage, et on debarque dans un wagon troisieme classe sans climmatisation bien sur (y voir une cinquieme classe francaise, avec des notes d'insalubrites notoires). Il est 10PM, et le wagon ressemble a un dortoir - depotoire, ou les banquettes ne sont autre que des bancs en bois, avec des portes bagages sur le dessus, et tous les indiens y dorment la tete beche. Nous devenons alors l'attraction du voyage, et ceux qui parlent un peu anglais nous demandent ce qu'on fout la! On explique brievement l'affaire, et notre seule place se trouve par terre, a hauteur des portes du wagon, a cote des chiottes. On s'installe avec le sourire tellement on ne peut croire a la situation, qui nous fait bien marrer d'ailleurs.
On couche par terre, allonges comme deux crepes, morts a cause de la chaleur et de la nuit passee qui a elle aussi ete bien courte.
Reveil toutes les deux heures par les gars de l'armee a chaque arret qui ne comprennent pas non plus ce qu'on fout la, mais qui nous laissent tranquille, de toute facon on pue, et vu nos tronches de deterres, ils n'ont pas vraiment envie de se prendre la tete!
Enfin le matin s'en vient. Le lever du soleil est magnifique, et deja la chaleur est difficile a supporter.
La mission du jour, c'est de trouver un controleur pour acheter un billet en classe couchette, au moins. On arrive enfin apres 3 arrets a en trouver un qui nous emmene voir le chef de bord, un gars super gentil, le premier depuis notre premier pied sur le sol indien, a qui on explique la situation, et qui nous trouve deux couchettes sans AC, et qui nous fait grace du prix du billet pour le trajet en troisieme classe. Nous sommes donc Lundi 14, plus que 24h pour arriver a Bombay, ouaiiiiiiis!

Le reste du trajet se passe sans trop de problemes, bien que tu ne vas pas pisser pendant 10h, pas la peine tellement tu transpires anyway. Les odeurs restent supportable tant que le train roule...
On y rencontre un gars de la Royale Air Force Indienne plutot sympathique mais un peu collant a la longue, et on s'endore gentillement.
Arrivee a Mumbai a 5h12AM, et c'est la course parce que nos sacs sont restes pendant tout ce temps dans la premiere classe. Tout le monde a debarque et ce serait cool que l'on revoit nos sacs, pour des raisons purement pratiques. Heureusement, ils sont toujours la, et ca nous vaut une autre douche froide par le controleur qui nous avait reveille, qui a droit a quelques mots tendres en francais d'ailleurs.
Un chauffeur de taxi nous emmene a la gare centrale, a 20mn de la pour reprendre un train pour Pernem - Goa, une heure plus tard. La on retire enfin du cash, et un gars, genre bagagiste des trains en uniforme nous conduit a un guichet, mais veut absolument qu'on lui donne 2000 roupies indiens par billet, avec lesquels il va se charger de tout.....
T'es gentil loulou, mais on a compris comment ca marche et on sait que tu es un bel arnaqueur. Ce qui me scie d'ailleurs, c'est qu'ils te parlent toujours super froidement, presque a t'en mettre le couteau sous la gorge si tu n'obeis pas a leur ordre. Je le laisse m'indiquer le guichet en question et le jarte par la suite. J'achete deux billets, sous les conseils du guichettier, les seuls sur qui on peut compter ici, et on se dirige ensuite sur le quai pour acheter deux places en premiere classe AC, ce qui nous revient a 1200 roupies par tete et non 2000!
En voiture simone, plus que 10h de train. Nous sommes aujourd'hui mardi 15, ce soir, c'est la delivrance.

Le voyage se passe tres rapidement, dans le confort et l'air cool, au milieu de la classe bourgeoise tres meprisante indienne, et nous voici rendu a Pernem, premiere station au nord de Goa.
Negociation du taxi et arrivee a Arambol apres 72h de trajet, ou nous decouvrons cette plage sublime version carte postale, au coucher du soleil. Guy et Josee Anne nous attendent en terrasse, accueillis sous les applaudissements. Ils n'ont pu croire que nous nous sommes tapes trois jours de transport pour venir les rejoindre! Et si, quand on aime on ne compte pas, et ce changement de decor vaut vraiment le detour.

Poissons du jour cuits au Tandoor, petit vin blanc les pieds dans le sable, une mer anti rafraichissante a 30 degres, temperature exterieure a 45, autant de cocotiers de de bagnolles a paris, bref, un paradis terrestre qui en fait rever plus d'un. Le cout de la vie est une modeste rigolade.
Ici, le moyen de locomotion, c'est le deux roues. Location a 30 Frs de la journee, et Guy est aussi motard. Nous avons donc passe 4 jours a silloner les routes goannaises en becane, jusqu'au sud de l'etat, pendant que les filles fesaient du shopping et de la plage. Samedi dernier, direction Palolem, plage sublime au sud de Goa, ou nous avons dormi a la belle etoile sur le plage, et de retour a Arambol dimanche midi.
Toutes les meilleures choses ont une fin. Guy s'en est retourne au Quebec et Josee Anne est partie pour le Tibet avec Sophie. Nos chemins se separent donc ici, puisque je reste en Inde. Chacun a sa version de l'histoire, mais toujours est il que je poursuit ma route en moto. En effet, j'ai fait l'acquisition d'une Enfield 350cc, vieille becane au look ancienne BMW, qui ronronne comme une harley (pour les curieux, allez donc faire un tour sur le site www.enfieldmotorcycles.com), sur laquelle j'ai fait monter deux portes bagages pour les backpack, et en route vers le sud par la cote Ouest d'ici quelques jours, jusqu'au cap, puis je remonte par la cote Est jusqu'a Calcutta ou je reprends un vol pour Bangkok.
Un petit trip de 5000km en perspective, et pour le meilleur.

En attendant, je loge dans une cahutte en bambou tresse sur pilotis plantes dans le sable, je me suis mis a la langouste depuis que je la peche tous les matins avec un indien nomme maya, apres deux heures a pagayer a contre courant. C'est le pied mes amis!

Encore trop de choses a vous raconter, mais je dois m'arreter la pour aller chercher mon jouet chez le garagiste, alors a tres bientot dans le bac a sable, prenez bien soin de vous, je fais gaffe a la pneumonie, aux vaches buffles et cochons sauvages qui font partie des mentions complementaires du code de la route, et bon courage a tous

Fran