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Fran’s Travel Diary

Thursday, 03 Oct 2019

Location: Lapu Lapu - Cebu, Philippines

MapTroisième tranche de vie : Quand y en a plus, y en a encore....

La fin de l'épisode précédent nous ramène à l'hosto, sur les derniers jours de Dengue.
Je suis sorti avec Gaston le lundi 23 septembre, et Gisèle a eu droit à deux jours de plus puisqu'elle a pris ses quartiers dans notre chambre un peu après nous.

La sortie est rude, même si tu l'attends avec impatience : un bon 35°C avec l'humidité, t'es HS dès que tu bouges plus de 3mn, et tu crois pourtant que tu vas pouvoir tout gérer comme d'hab. Pas d'équivoque, ton corps ne se remet pas aussi vite que ta tête, c'est un fait!
Reprise de l'activité au rythme d'un petit vieux, je comprends clairement ce que Gwen a vécu deux semaines auparavant. Nous savons tous que des enfants fatigués sont capables de vriller en quelques secondes sans raison rationnelle. Les nôtres sont bien des enfants...

Un tableau raconté avec le sourire, et vécu comme tel, mais je dois avouer que question récupération, nous avions connu plus facile! La vie reprend son cours, Gaston et Gisèle retournent à l'école, Gwen poursuit la gestion du programme à la prison, et se décharge peu à peu de mon programme qu'elle avait assumé en back-up avec la coordinatrice des Phillipines, Clémence, qui était venue à la maison sur la semaine pour nous filer un coup de main.

Il en manque une dans l'histoire, notre chère Anouk, qui jusque là avait dû gérer en autonomie, tout en ayant une peur bleue de l'hôpital.
L'épisode Dengue est derrière nous, et nous décidons de partir à MoalBoal sur le week-end. Un petit road trip familial de 5h pour atteindre la côte Ouest de Cebu Island, sur un spot balnéaire fort sympathique.
A nous la plage de sable blanc, le snorkeling au milieu des tortues et des bancs de sardines...

Vendredi soir, Anouk se fait une petite montée de fièvre, rien de grave au demeurant. Samedi matin, départ, et la fièvre demeure. Trajet en bus climatisé, heureusement! Pas bon pour la planète, j'avoue, mais pour Anouk et son humeur de m.... liée à la fièvre, au bruit et aux 5h de route, ca atténue la foudre!
Moalboal est un spot super charmant, un des temples philippins réputé pour la plongée et le snorkeling (masque et tuba en eau peu profonde dans les récifs coraliens).
Nous profitons de ce paysage magnifique et de l'eau transparente, en jonglant avec le doliprane et les montées de fièvre d"Anouk.

Je vous passe les détails. Le retour chez nous en fin de week-end nous conduit à l'hosto avec Anouk pour une prise de sang (on connait le chemin par coeur, et on a appris à lire les tests sanguins!). Le Verdict est sans appel, Anouk n'a donc pas été épargnée, elle a aussi choppé la Dengue, mais les symptômes sont bien moins violents. Pas de vertiges, de la fièvre contrôlée : nous décidons de la garder à la maison. Elle a donc vécue son épisode d'une semaine à la maison, mais nous faisons carton plein : 100% gagnants
Remise sur pied aujourd'hui même, c'est un lion en cage. Elle retourne à l'école demain.

La coupure générale d'eau potable depuis 4 jours ne facilie pas véritablement la vie quotidienne mais qu'importe, ca fait partie du package. On trouve toujours une solution, et cela permet aux enfants de prendre conscience que l'eau courante vient bien de quelque part, que c'est une denrée précieuse, utile, mais rare, qui ne se gaspille pas!

Côté boulot, les activités avancent. A la prison, Gwen a réussi à prendre quelques photos que nous pouvons partager. Finition des salles de training, peinture et construction des tables par les jeunes du programme. L'entrepreneur à relancer Beaucoup de choses à mettre en place pour que le programme soit relancé et prenne l'envergure projetée. Il faut bien cerner les axes de travail et y aller pas à pas. C'est loin d'être évident mais Gwen gère d'une main de maître.

Ici au centre AirBnB, je prends sans cesse des claques : les jeunes travaillent extrêmement bien sur le chantier et la rénovation extérieure du bâtiment, n'ayant pourtant jamais pratiqué auparavant. La team évolue, certains ont du mal avec le changement, et décident de quitter le programme, d'autres trouvent un boulot. Tout est toujours en mouvement. De fait, j'axe aussi la formation sur le recrutement et la formation d'une équipe, pour que nous puissions aller recruter dans les bidonvilles très prochainement. L'entrepreneur potentiel que nous avions recruté, quant à lui, nous a pris pour Rotschild, et a fini par décliner. Je repars à Zéro de ce côté là... c'était pas le bon, voilà tout!

L'implantation se fait donc dans la douceur, avec juste assez de mouvement pour éviter qu'on s'ennuie! La nourriture locale est peu variée, mais notre nounou, qui cuisine pour les enfants le midi, nous prouve chaque jour que la cuisine traditionnelle Phillipine peut être excellente. Les fruits locaux et de saison sont succulents, le reste est importé, mais on ne sait pas d'où et sont hors de prix. Laissons les sur l'étalage. Le marché locale est un festival de couleurs et d'odeurs diverses, et nous venons de découvrir une petite "boulangerie" de quartier qui produit une brioche qui ressemble comme deux gouttes d'eau à notre magnifique "Gâche Vendéenne". Un coup de beurre Président 1/2 sel qui coûte deux bras, et on y est sur notre plancher des vâches!!! C'est le petit plaisir tricolore qui parle, et une fois de temps en temps, ca fait du bien!
Voilà pour les brèves, l'aventure est toujours aussi belle, même si elle parait montagneuse. Nous joignons du soleil et de la chaleur, toujours très présents ici, dans votre automne qui laisse place peu à peu à la fraîcheur et à la pluie, qui ferait du bien à la terre ici!
Bises à vous tous et à plus!

Pensée du jour : L'Homme est doté d'atouts parfois insoupçonnés pour traverser tous types d'épreuves. Confiance en soi et Confiance en la Vie sont deux d'entre eux qui fondent à mon sens les piliers d'une vie positive et souriante. L'expatriation chamboule, qui plus est pour un enfant, qui inconsciemment laisse aussi dans les cartons français ses quelques années de repères. Une expérience qui force à mettre en lumière et à exprimer ce que l'on est à l'intérieur pour construire cette confiance. De fait, la parentalité amène à des exercices déconcertants qui font découvrir nos enfants comme des individus à part entière et non comme des entités similaires à ce que l'on connait de nous même.