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marie.peyre’s Travel Diary

Tuesday, 10 Jun 2008

Location: Ktm-Les enfants des rues, Nepal

MapLes enfants des rues, triste poeme.

Sur les trottoirs bordant les grands boulevards fumants, une foule pressee, grouillante.
Entre les passants en sari autant qu’en jean extramoulant taille basse, jeune 'people' aux lunettes fashion, ils apparaissent. Comme une image qui ne se trouve pas a sa place.
Une bande de 6-7 enfants entre 8 et 14 ans.
Discutent vivement.
Leurs habits en lambeaux n’ont plus que la couleur grise sombre de la crasse ; malgre la chaleur, ils portent doudoune, pull, pantalon et bonnet, ce qui suggere que ce sont la tous leurs biens.
Les cheveux dans un etat lamentable (me rapellent les enfants des rues du Caire de mon enfance), ils semblent preoccupes par une question: Chacun de remplir de colle neoprene son sac en plastique bleu usage.
Puis de sniffer.
Tranquille, sur le bord du trottoir, entre roues des motos qui leur passent au ras des sandales, et les passants presses…

L’image diffusee par Sœur Emmanuelle me fait l’effet d’une gifle : je n’en avais pas vu en Inde, les voila ! (j’ai evite Bombai et calcutta, pour ne rien vous cacher)
Comme si l’Inde m’avait donne l’impression que tout le monde prent un peu soin des autres…
La capitale de ces montagnes, qui fait rever tant de monde, qui m’a plusieurs fois rappelle Chamonix par son cote fashion-mountains…abrite aussi ces enfants, dans les rues. Ou plutot, ne leur offre aucun toit !
Ils ramassent les poubelles, nettoient les motos sur les parking de centre commerciaux, mendient surtout....
Et moi qui suis a la recherche d’argent… je me sens … d’un coup … minable.

Le soir, 22h30, Thamel (zone touristique, qui fait plus penser a une caverne d’Ali Baba qu’un quartier de Ktm).
Je rentre a la guest house, il fait noir, bruine et plus grand monde sur la chaussee, depuis 20h30.
J’appercois Darius (anglais, 25 ans au Nepal depuis plusieurs mois) qui discute avec des gamins, que je reconnais du coin.
Il s’est fait voler son telephone portable quelques heures auparavant et est tres attache a sa carte sim, qu’il aimerait bien recuperer.
Il palabre avec les enfants, en cercle autour de lui. Son but est de remonter par eux a un hypothetique (mais certain) marche noir organise et gere par un de leur aine.
Demarche intelligente, mais malheureusement infructueuse.

manque de tendresse, universel:
Je m’assieds et essaie de l’assister dans ses negotiations. Les enfants m’entourent rapidement, moi aussi. Un jeune parmi eux (7 ans). D’abord craintif, s’approche et me prend les mains, cherchant le contact.
Je lui fais une caresse sur les cheveux et le visage, il ecarte mes mains et me fait carrement un calin ! La, je suis surprise ! Du coup je le laisse faire, verifiant que les mains ne soient balladeuses ni vers mon sac, ni vers mes formes… rien de tout ca !
Drole de sentiment : il est agreable de partager autre chose que la mendicite avec ces enfants, mais apres ?
Manque de tendresse criant, tu m'etonnes Simone, vivre dans cette jungle! Je comprends !
Font-ils ca avec tous les touristes ?
La suite me repondra pas l’affirmative : les gosses cherchent les calins aupres des touristes, tout simplement !

Le petit groupe d’enfants autour de nous, nous nous trouvons sur le perron des magasins; assez large pour accueillir a cette heure tardive des motos garees la pour la nuit.
Les enfants tournent (un peu) autour, sans pour autant de maniere inquietante, simplement car la discussion se trouve a cet endroit-la.
Deboule alors de la porte opposee a la moto un 'keke' nepalais bien de marseille, furax parce que les enfants sont autour de son bijou… son arrivee fait l’effet d’une pierre lancee au milieu d’une troupe de pigeons parisiens (en moins gras) : ils deguerpissent en etoile, comme pris en faute.. Darius et moi ne comprenons pas bien l’objet de son tourment, mais bon, du coup, tout le monde degage fissa les amis !

Non seulement les gosses sont pauvres et galerent, mais la communaute autour n’est vraiment pas tendre avec eux, bigre !

Se trouve a Ktm, pres de Durbar square, une association francaise nommee ‘Pomme-Cannelle’, developpee pour ces enfants.
La travaillent des educateurs nepalais, et des volontaires au long terme (francais en general) pour les enfants. L’idee est de les inciter a passer la nuit dans ce centre, en leur donnant a manger, puis de frequenter les ateliers presents, enfin de lacher la colle…
Tout ca est tout de meme bien difficile a mettre en place, d’apres Guilaine, institutrice volontaire pour quelques temps sur place.
Outre le manque de moyens, c’est surtout leurs organisations entre gamins pus ages vis-a-vis des plus jeunes qui est difficile a enrayer…mais petit-a-petit, on arrive a quelque chose, bien sur !