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marie.peyre’s Travel Diary

Wednesday, 11 Jun 2008

Location: Solu Khumbu-Les porteurs, Nepal

MapAu Solu Khumbu, il faut marcher….

Apres 5 jours bruillants a Ktm, je pars pour la region du Solu Khumbu, ensemble de 3 vallees qui accueillent le parc national de Sagarmatha (Everest).
Il est convenu avec le Dr James que le Dr Tami Kemba Sherpa, responsable de l’hopital de Kunde, m’accueillera pendant un mois dans sa pratique.

L’arrangement a ete fait par telephone, entre les coupures de connexion… telephone satellite!

Je prends donc l’avion pour Lukla (2860m) , bourg d'altitude developpe grace a l’aeroport construit par Sir Edmund Hillary.
En 1953, l’expedition pour l’Everest avait marche 8 jours de plus pour rejoindre cet endroit. Le village est un mélange entre un bourg de montagne, maison de pierres, chemin central pave, lever de bonne heure…
Mais aussi de la vie fashion de Ktm, les petites boutiques qui se succedent les unes aux autres, remplies a craquer de tout le materiel montagnard technique imaginable, la musique qui depote tous ces decibels en milieu d’apres-midi..
Apres 5 a 10 minutes de marche cependant, on se retrouve dans la montagne, la vraie.
Le chemin continue d’etre pave, bien qu’il soit sacrement raide, ce qui, quand il pleut, n’est pas du plus aise!

La montee en direction de Namche Bazaar, que je rejoindrai en 2 jours, commence.
L’unique chemin de cette vallee se deroule a travers les villages successifs (compose parfois d’une maison). IL monte et descend de maniere plutot raide, traverse la large vallee sur des ponts suspendus longs parfois de plus de cent metres…
Le chemin n’est pas facile, irregulier, parseme de grosses caillasses de partout… pas franchement un chemin de la Vanoise, quoi!

Et beaucoup de monde….
Beaucoup de porteurs, surtout!
Les porteurs, toute une histoire…
Apres un mois passé dans les montagnes, je ne m’habitue toujours pas a l’impressionante vision de chaque cargaison qu’ils ont sur leur dos-tete.
La tete bien droite sous la sangle, le dos courbe, ils transportent en sandales plastiques a 0.20euros des livraisons pouvant atteindre jusqu’a 100 kg! Et ce, de Lukla, 2860m, jusqu’au camp de base de l’everest parfois (5550m)!

J’ai commence par fustiger contre les tourists qui leur infligeaient des charges aussi importantes, jusqu’a ce que je me rende compte que c'etait LE moyen de transport de la vallee!
Tout ce qui est autre patates, oignons et choux est achemine de la sorte!
Et croyez moi, les habitants de ces vallees sont riches, on trouve tout a Namche Bazaar! On verra bientot des Iphone, quand le wi-fi sera mis en place! :-)

Quid des yaks, pour ceux qui se souviennent des images du film ‘Himalaya’?
Eh bien on ne leur fait pas confiance, tout simlement.
Les hommes marchent ou montent des anes, mais pas les yaks, consideres comme trop dangereux!
Ils ne transportent que les patates! Qui s’exportent entre les villages de la vallee…le commerce est tres actif dans ces montagnes elevees, c’est vraiment comme si une grosse ville active etait etalees sur le massif, les differents points strategiques separes par plusieurs jours de marche, souvent!

Raisonnement economique a ces hauteurs:
Les hommes sont plus adaptes pour le transport: constants, portent beaucoup et ne sont pas chers; ils sont organises en compagnies, et demandent environ 500 Rp (5 euros) par jour. Le logement et le repas n’est pas fourni par le client.
En travailleur qui veut gagner le plus d’argent possible, les porteurs preferent dormer dehors plutot que de louer une chambre a 50 Rp, et manger deux Dahlbats par jour, au lieu de trois repas comme nous autres. (Le Dahl Bat est le plat de base du coin, compose de riz, de lentilles et de legumes a l’huile).

l'apparence:
Ils gardent les meme vetements pendant toute la duree de leur transport (10 jours) car ca fait moins de poids.et puis, la douche chaude est a 300 Rp au-dela de 3000m!
Du coup, l’arrivee d’un porteur sur le chemin est souvent anticipee…par son odeur! Honnetement, j’ai vu des hommes pas propres dans ma vie ...(qui a ete de garde aux urgences en hiver???)…mais autant “pas propres”, en aussi grand nombre…pas souvent!
Plus tard, j’ai decouvert ce qui leur donnait cette odeur aussi forte…Outre le fait qu’ils ne lavent que tres rarement leurs frusques, ils passent les soirees dans la cuisine, avec l’amie ou simplement la dame qui tient le lodge…le fourneau, qui crache sa fumee, est alimente a la bouse de base sechee et conditionnee en galette…d’ou cette odeur..caracteristique!

Leur seul bien de valeur est leur couteau attaché a la taille, de taille impressionante: les opinels ont petite mine a cote!
Ils font tout avec, pas de probleme!

Et la sante?
Et quand ils se trouvent a 4500m d’altitude, que la nuit ramene les temperatures de -10 degres? Meme raisonnement, voyons!
Du coup, engelures, regulierement.. c’est malin..
Et puis le mal des montagnes, sont-ils au courant? Pas tous, bien sur, car les porteurs ne sont pas les originaires de la vallee. Non non non, les “sherpa” sont les habitants du Solu Kumbhu, les porteurs viennent d’avant Lukla dans la vallee, de la region qui ne beneficie pas autant des retombees financieres des trekkers!
Ils ne respectent donc pas souvent les paliers d’acclimatation, et se retrouvent parfois dans des etats…inquietants!

L'equipement:
A Lukla, le trekker est invite, quand il apercoit l’une des rares pancartes, a equipper son porteur s’il se rend au dela de 3500m, c'est-a-dire pour les ceux qui vont au camp de base;
Doudounes, pantalons, chaussures, lunettes de soleil (glaciers partout) sont a louer pour une misere…

Un toit providentiel
A Macchermo (4500m), villages de 4 lodges, se trouve un centre de secours.
Ils ont bati, accole au batiment, un toit pour les porteurs. Ces derniers peuvent y passer la nuit et faire leur cuisine, pour 30 rp…mais c’est le seul dans la vallee…

On voit aussi, si on est un trekker observateur, des pancartes incitant les clients a ne pas autoriser le portage par les enfants… et oui, on croise des minous de 12 ans, leur canne a la main, et le panier sur le dos…et la aussi, on se sent minable…

Et comment le vivent-ils?
Quand je les salue et engage la conversation, ils sont charmants la plupart du temps, malgre le poids de leur charge:
Un “Namaste Didi!!! (grande soeur, marque de respect)” energique, un grand sourire au levres me repond!
Si on leur demande un peu plus…
“si un jour tu as beson d’un porteur, tiens voici ma carte, ce sera avec plaisir!...Je travaille dur pour que mon fils/ma fille fasse des etudes et surtout pas ce metier-la!”
est la reponse, toujours tres polie, comme les asiatiques peuvent l’etre…